| |
Cela fait deux ans que l’école primaire de Goundiour Saloum et Keur Gallo a ouvert. Cette initiative vient
de l’Etat sénégalais qui s’efforce de lutter contre l’analphabétisme en développant la scolarisation dans les villages de brousse.
L’Etat se charge de former et d’envoyer les instituteurs sur place et il revient aux communautés rurales de construire les bâtiments pour accueillir les enfants.
Faute de ressources suffisantes, celle de Ndiaffate n’a pas pu honorer sa mission. Pour autant, les villages concernés ne se sont pas découragés et n’ont pas démissionné de ce programme ambitieux pour leurs enfants. De leurs mains et avec les moyens
du bord ils ont construit l’école : en paille !


C’était en 2006 vers le mois de novembre après la saison des pluies. Nous allions comme d’habitude sur notre terrain en passant par les villages car à l’époque nous ne disposions pas encore des routes réalisées par Eiffage Sénégal. La petite cahute de paille en plein milieu des champs nous intriguait.
Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant ces quarante petits bouts à l’intérieur, sagement assis sur leurs petits sièges et accoudés à leur petites tables ? Le maître était là, qui faisait la classe, tant bien que mal, sur un tableau tout gondolé, peint en noir à la hâte. Un bout de craie, pas de cahiers, pas de crayons, rien, rien, rien..., sinon
de la bonne volonté, une passion du maître pour son métier, une soif d’apprendre à lire chez les enfants.


Après cette visite haute en couleur et pour le moins insolite, nous avons repris la
piste pour le terrain. Bien des choses se bousculaient dans notre tête et bien des images surtout. Nous nous souvenions de nos années de primaire quand nous avions l’âge de ces enfants : nous disposions de tout, car l’école assurait intégralement le nécessaire pédagogique et chacun d’entre nous avait son cartable avec ses affaires, des cahiers pour chaque matière à la trousse complète, sans oublier la boîte de crayons de couleur, l’ardoise miniature autoeffaçable.
A Goundiour, devant tant de dénuement, que pouvions-nous faire ? Rester les bras croisés sans agir, sachant que parmi les principes fondamentaux de la doctrine sociale
de l’Eglise, l’évangélisation des peuples commence par donner l’accès à la culture, par l’alphabétisation ? Les carmes ne sont pas des enseignants. Ce n’est pas leur mission ni leur charisme dans l’Eglise et pour le monde. Mais ici, à Keur Mariama, un carme ne peut pas vivre sa vocation de la même manière qu’en Europe. Alors dans un premier temps nous nous sommes portés au secours de ces bouts de chou en leur fournissant tout le matériel nécessaire et peu à peu, un projet de construction en dur a germé dans nos coeurs, et fait l’objet de discussions dans nos chapitres.

31.jpg)







Ainsi, lors de la visite de notre père provincial en octobre 2008 la décision de bâtir une école a été prise. Tout de suite après son départ, nous avons pris contact avec le président de la communauté rurale (Mr. Ndene Ndiaye) et les chefs des villages concernés afin de leur annoncer la bonne nouvelle. L’enthousiasme et la joie furent sans équivoque. Si bien qu’un rendez-vous a été pris pour le 12 novembre 2008 à 10 h du matin. Nous devions nous retrouver sur les lieux afin de baliser l’espace scolaire de 1 hectare et de déterminer l’emplacement de la future école.
Une autre surprise nous attendait, signe évident que dans cette oeuvre, un autre que nous tisse son ouvrage et conduit ses
enfants pas à pas, catholiques et musulmans confondus. Certes, nous n’avons pas la même foi et notre apercepion du mystère divin n’est pas la même. La Révélation judéo-chrétienne est bien différente de celle de l’Islam. Néanmoins, de son côté à lui, Dieu est le même pour tous : Père d’égal amour universel, livrant son Fils pour le salut de tous.
La surprise fut de découvrir sur les lieux une institutrice supplémentaire envoyée pour fonder une autre classe. La nomination venait juste de se faire et le
besoin de construire une école était maintenant une urgence, une nécessité incontournable. Tout le monde fut dans l’étonnement de cette harmonie des projets et des circonstances : les carmes, les
instituteurs, le président de la communauté rurale et son conseil.





Ndene NDIAYE
et son conseil
Les élus de la cté rurale
et les enfants
Les 2 instituteurs et le directeur de l’école
La construction a donc débuté dans la foulée de cette réunion : un bâtiment tout simple.
- édifié hors d’eau à 45 cm
au-dessus du sol,
- 9 m de long. par 6 m de larg.
- cinq fenêtres, une porte
- un petit préau de 1,5 m de largeur soutenu par 4 piliers.
- un bloc sanitaire indépendant
L’ouvrage a été réalisé par Benoît DIATTA
|
|
|