La situation à Ndiaffate ?
Dans la région élargie de Ndiaffate au sud de Kaolack, 5 Postes de santé sont implantés, dont celui du village même de Ndiaffate. 3 cases de santé travaillent aussi dans de plus petits villages aux environs de notre terrain.
Le Poste de Ndiaffate couvre 33 villages, et accueille une moyenne de 20 malades
chaque jour. Cela peut monter jusqu’à 80 en période d’hivernage par exemple. La responsabilité est confiée à Seydoux, infirmier chef, qui est le seul employé salarié de l’Etat sur place. Avec lui travaillent 4 matrones, un vendeur de tickets et un gérant du dépôt de médicaments. L’infirmier est supervisé par un moniteur deux fois par an. Un comité de santé assure l’autogestion du poste. Les moyens sont très limités.
Le budget est essentiellement tenu par l’acquittement du ticket à chaque consultation : pour l’adulte, il est de 300 FCFA, 200 pour l’enfant et 400 pour la consultation prénatale. Les frais d’accouchement sont de 2500 FCFA.
Une grosse activité de prévention est menée par le Poste. Il s’agit de :
- La consultation prénatale et du suivi post accouchement
- La programmation élargie des vaccinations : 9 maladies sont ciblées (diphtérie, tétanos, polio, tuberculose, hépatite B, méningite, fièvre jaune, coqueluche, rougeole). Entre 0 et 11 mois, les enfants sont suivis
sur place, et, au-delà de 5 km, par visite en mobylette.
- La surveillance pondérale et nutritionnelle (courbes, administration de vit. A, conseils diététiques…)
- La lutte contre le paludisme, avec, entre autres, la vente de moustiquaires
imprégnées (1500 FCFA pièce).
Un protocole anti palu est suivi depuis quelques années au plan national, avec le TDR : Test Rapide du Paludisme (un réactif chimique qui donne un résultat immédiat en cas de grosse infestation de Plamodium falciparum uniquement).
Quelles sont les principales affections rencontrées ?
- le paludisme qui continue de tuer, particulièrement les enfants (0-5 ans), avec le neuropaludisme, la déshydratation…
- les affections respiratoires, en particulier la recrudescence actuelle de la
tuberculose
- les diarrhées infectieuses, parasitaires, les problèmes hépatiques nombreux…
- l’hypertension artérielle (l’alimentation avec l’arachide semble en cause)
- les anémies
- les malnutritions et déséquilibres alimentaires (carences multiples avec une alimentation pauvre et non
variée)
- les affections cutanées
- les infections sexuellement transmissibles (IST)
Le travail de formation et de sensibilisation est permanent et reste énorme à l’heure actuelle. Il faut lutter contre des habitudes qui négligent l’attention à la santé au détriment d’autres priorités. Ainsi, on préfèrera volontiers consentir aux frais d’une grande fête (baptême, mariage…) ou à l’achat de matériels de communication (portable, télévision…) plutôt qu’aux frais de santé.
Quel projet pour l’avenir des villages voisins de Keur Mariama ?
Ce rapide état des lieux montre avec assez de clarté la précarité de la situation, et le bien fondé d’y porter secours, dans la mesure du possible et pour la cohérence de notre témoignage.
C’est précisément ce que nous visons en appelant à nous rejoindre sur le site de Keur Mariama une communauté religieuse féminine apostolique. L’objectif est clair : la mise en place d’un dispensaire privé ouvert à tous pour travailler au mieux être de ces jeunes populations rurales. On sait, pour l’entendre si souvent, la confiance qu’inspirent le travail soigné, l’abnégation et la disponibilité des sœurs dans un service de santé.
Sans nul doute, l’implantation d’une structure de soins et d’éducation tenue par des religieuses serait un bénéfice précieux pour la région entière. Il y aurait là, de plus, un message fort et complémentaire de celui que nous nous apprêtons à donner dans le domaine plus ‘’spécifique’’ de la vie spirituelle : soin des âmes et soin des corps, tout comme Jésus au temps de sa vie en Galilée.
L’enjeu est de taille !