Premiers pas
Notre fondation au Sénégal ne s’est bien sûr pas faite du jour au lendemain. Plusieurs événements l’ont en effet préparée. D’abord le fait qu’il existait au Sénégal, depuis déjà une cinquantaine d’années un monastère de carmélites, à Sébikotane, près du grand Séminaire. La présence de nos sœurs a fait que des Carmes (Père Pierre-Marie, Père Vincent-Marie…) sont allés là-bas pour prêcher… et pour nous raconter ensuite le Sénégal. Et les Carmélites ont prié pour que les Carmes s’installent au pays. Et ce que femme veut…

Une demande avait déjà été faite par l’archevêque de Dakar pour que les Carmes viennent au Sénégal. Nous n’étions pas alors en mesure de répondre favorablement mais l’idée fit doucement son chemin et c’est ainsi qu’il fut décidé d’une mission de prospection en décembre 2001.
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La mission est menée par le frère Vincent-Marie, conseiller provincial, qui s’était déjà rendu deux fois au Sénégal, accompagné par le frère Ange-Marie. Tous deux seront, un an plus tard, acteurs directs de la fondation. Cette mission de prospection apportera un résultat réel : ce sera le diocèse de Kaolack qui nous accueillera si la mission est définitivement décidée. Les deux frères ont rencontré Monseigneur Benjamin Ndiaye, le nouvel évêque du lieu, qui les a accueillis à bras ouverts. Et son clergé aussi comme le confirmera une réunion du presbytérium quelques jours plus tard.
Enfin, le Chapitre provincial de notre province d’Avignon-Aquitaine d’avril 2002 approuve la fondation et décide un départ relativement rapide. Seront du voyage le frère Vincent-Marie élu prieur, le frère Ange-Marie, premier conseiller, et les frères Bruno-Marie et Jean-Sébastien qui continueront là-bas leur formation carmélitaine.
Frère Vincent-Marie
Frère Jean-Sébastien
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Frère Ange-Marie
Frère Bruno-Marie
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On se décide pour un voyage en bateau. Le cargo permet en effet d’emporter des bagages plus volumineux que par avion.
Et c’est le 2 juin 2002 que, dûment bénis par notre Père Provincial, les frères prennent la route pour rejoindre Le Havre, conduit par le frère Armand qui deviendra bientôt, et pour longtemps, le Procureur de notre mission.
Nous embarquons le vendredi 7 juin 2002, après avoir fait un très beau pèlerinage à Lisieux pour confier à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus cette mission dont elle sera la patronne en ses débuts. Le voyage dure sept jours et le 14 juin nous voilà à Dakar. Un petit extrait de notre journal que le frère Vincent-Marie tenait depuis le début vous racontera l’anecdote de nos bagages :
« Alors commença ce que nous pourrions appeler la « valse des b
Les frères devaient, bien sûr, s’installer dans une maison mise à leur disposition par le diocèse de Kaolack, mais cela ne se fera pas tout de suite. D’abord ils logent à l’évêché où ils reçoivent un merveilleux accueil de l’évêque et de sa secrétaire sœur Marie-Louise. Il faut d’ailleurs souligner que cette mission n’existerait pas sans les aides merveilleuses reçues au départ. En plus de l’accueil de l’évêque, il faut signaler les communautés de religieuses, et parmi elles, les sœurs du Saint Cœur de Marie de Kaolack, qui initieront les frères au marché haut en couleur (et en odeur) du lieu, et les sœurs de la Providence de Lisieux, (petite Thérèse ne nous abandonnait pas), en mission à Sokone, qui aideront de mille manières pour l’installation à Limane, tout près de chez elles. Et plus tard les chers Missionnaires du Sacré-Cœur, fondateurs du diocèse, qui savent tout sur le Sénégal et la région. Que ne leur doit pas la mission à ses débuts ? Signalons aussi l’accueil sans réserve du clergé local et parmi ces frères prêtres, de l’Abbé Léon alors curé de la cathédrale, et de l’abbé Jean Issa, son vicaire, qui fut souvent un ange gardien souriant et un ami tout simplement. Signalons enfin, mais nous en oublions tant, la communauté libanaise qui ne cessera d’aider, d’encourager, de trouver tout ce dont les frères avaient besoin.
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Mais revenons à l’installation dans la première maison. Ce n’est que le 25 juin dans l’après-midi que les frères entrent dans leur domaine, un petit paradis, construit par un français au bord d’un bras de mer. Petit paradis mais sans électricité ou presque (que de déboires avec les groupes électrogènes toujours en panne), petit paradis truffé de serpents (le Paradis terrestre n’en avait qu’un, lui), petit paradis loin de tout à tel point qu’en saison humide on ne pourra y parvenir qu’en âne sur une charrette attelée. Mais rien n’arrête des missionnaires tout neufs. Et c’est ainsi que commence véritablement l’installation au Sénégal.
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La vie religieuse est celle des Carmes de partout, avec les deux heures d’oraison en communauté, le chant de l’Office divin, etc., avec en plus les voyages à Kaolack, pour le fameux marché, et les apostolats qui commencent à prendre forme, mais doucement au début. Les santés sont parfois un peu altérées par la chaleur ou par la nourriture pas toujours parfaite, mais chacun avance dans l’enthousiasme et la joie.
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